Cynthia Stewart: Quand le cœur s’emballe

Peter and Cynthia StewartCynthia Stewart n’avait que 43 ans quand son cœur a commencé à faire des siennes. Elle ne s’en faisait pas trop, puisque chaque épisode de rythme cardiaque accéléré ne durait qu’une quinzaine de minutes.

Puis le problème s’est mis à empirer, la forçant à agir. Elle a consulté son médecin, qui lui a recommandé d’appeler une ambulance la prochaine fois, car l’électrocardiographe des ambulanciers permettrait d’en savoir plus. Cynthia ne s’est décidée à le faire qu’un jour où le problème a persisté pendant deux heures.

Cynthia a été transportée en ambulance à l’Hôpital Montfort. Les médecins étaient sur le point d’utiliser les « palettes » lorsque son rythme cardiaque est revenu à la normale.

« C’est là qu’ont commencé les recherches pour trouver la racine du problème », dit-elle.

En 2012, les spécialistes ont déterminé que Cynthia souffrait de tachycardie ventriculaire — affection caractérisée par une arythmie rapide — et ont recommandé une opération pour corriger l’anomalie électrique. Après avoir passé cinq heures en salle d’opération et lui avoir découvert trois autres anomalies, les médecins ont décidé de lui implanter un stimulateur et un défibrillateur, ce que Cynthia appelle affectueusement son « arsenal de Wonder Woman ».

Comme la sœur de Cynthia est décédée d’une crise d’asthme à 24 ans et sa mère, d’une crise cardiaque à 64 ans, le Dr Martin Green, de l’ICUO, soupçonnait un problème d’origine génétique. Il a recommandé à Cynthia de passer des tests.

« Tout le monde a deux copies du gène LMNA, explique Cynthia, mais une des miennes est anormale et cause des anomalies cardiaques. Le Dr Green pense que ma sœur avait le même problème. Comme mon père n’est pas atteint, ça vient sans doute de ma mère. »

Au cours des années suivantes, la vie a repris son cours, mais en 2016, le cœur de Cynthia a recommencé à s’emballer. Les médecins lui ont alors implanté un « arsenal » plus puissant.

Maintenant qu’elle sait ce qu’elle a, Cynthia ne laisse pas la maladie la définir. Elle vit à fond, un jour à la fois, et se permet même d’en rire. « Je suis une personne très positive. Je me retiens de tomber dans le négatif, parce que j’aurais peur de ne pas m’en remettre », dit-elle.

« Ça donne un coup », dit-elle en parlant de son diagnostic. Elle sait maintenant que le problème génétique a toujours été là, mais ne s’est manifesté que tardivement.

Cynthia est une femme active, adepte de randonnée et de tennis. C’est d’ailleurs sur le court qu’elle a rencontré son mari Peter, qui était son entraîneur.

Les problèmes de cœur ne sont pas la seule chose que Cynthia a dû affronter au cours des deux dernières années. À l’automne 2017, Peter, un conseiller financier et mentor respecté, a appris qu’il souffrait d’un cancer de l’œsophage avec métastases aux os et au foie. Il est décédé quelques mois plus tard, en mars 2018.

Aux prises avec leurs maladies respectives, Peter et Cynthia tenaient néanmoins à témoigner concrètement leur reconnaissance pour les soins qu’ils ont reçus, et à le faire d’une façon qui aurait un impact à long terme. Comme Peter s’était fait traiter à L’Hôpital d’Ottawa, ils ont fait un don à l’équipe d’oncologie Five East pour la formation du personnel infirmier. Cynthia, quant à elle, a choisi d’exprimer sa reconnaissance pour les soins qu’elle a reçus au fil des ans par un don à la Fondation de l’Institut de cardiologie.

« Dès qu’on est admis à l’Institut de cardiologie, on fait partie de l’équipe, dit-elle. C’est très impressionnant. Le patient est considéré dans toutes ses dimensions. »

Elle se souvient d’un moment, juste avant une opération, où le Dr Girish Nair a interrompu les préparatifs. « Il m’a invitée à me rasseoir et m’a dit : “C’est à nous que revient le privilège de vous opérer, et je tiens à ce que vous participiez à la conversation.” Le même médecin l’avait appelée quatre jours plus tôt pour se présenter.

« Je me souviens d’avoir regardé le téléphone avec incrédulité. Ce genre d’attention, c’est très rare », dit Cynthia.

Une autre cardiologue, la Dre Ellamae Stadnick, donne elle-même les résultats d’examen au téléphone.

Le don de Cynthia à l’Institut de cardiologie vise deux programmes : un programme de soutien par les pairs en santé cardiaque des femmes et la Clinique des stimulateurs cardiaques, où elle souhaite appuyer la formation du personnel infirmier.

« Je suis vraiment impressionnée par le programme en santé cardiaque des femmes. Je voulais que mon don serve à des efforts de sensibilisation dans la communauté », dit celle qui prévoit elle-même s’impliquer comme bénévole au sein du programme de soutien par les pairs.

Cynthia et Peter ont choisi de montrer leur reconnaissance par un don. Ils ont aussi décidé d’affecter ce don à la formation du personnel infirmier et à la communauté. Par leur générosité, ils auront un effet bénéfique sur la vie de purs étrangers. C’est ce qui s’appelle avoir un grand cœur.